Ligue des Bibliothèques Europeénnes de Recherche, Groupe des Cartothécaires de LIBER


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Enquête sur les acquisitions de cartes

Edwige Archier et Lucie Lagarde
Bibliothèque Nationale, Paris

© LIBER and author
Published from: LIBER Bulletin 15(1980)


Une enquête sur les sources utilisées pour les acquisitions de documents cartographiques rédigée sous forme de questionnaire au Département des Cartes et Plans a été envoyée dans le cadre de LIBER à 27 bibliothèques européennes. A ce questionnaire, dont on trouvera le texte en annexe, ont répondu 24 bibliothèques qui se répartissent ainsi par pays: et par genre de cartothèque: on relève 7 bibliothèques nationales, 9 universitaires, 4 spécialisées et 4 centres de documentation.
Le compte-rendu des 24 réponses analysées au Département des Cartes et Plans, Bibliothèque Nationale, suit point par point de l'ordre du questionnaire:

3. Personnel responsable des acquisitions
Avant d'étudier les sources d'information, l'enquête cherche à dénombrer le personnel responsable de la gestion des acquisitions des documents cartographiques. En général, les réponses montrent qu'un bibliothécaire s'y emploie a mi-temps. Quelques bibliothèques plus favorisées signalent un bibliothécaire à temps complet, et une bibliothèque en indique 3 ou 4! Sans doute convient-il de corriger cette dernière réponse et entendre que plusieurs bibliothécaires consacrent quelques heures chacun aux acquisitions. De toute évidence, I'ensemble des réponses reflète un sentiment d'insuffisance en personne pour exploiter dans les meilleures conditions une documentation dispersée, difficile a repérer et a réunir, sur un document qui, par sa nature, pose des problèmes plus compliqués que le livre ou le périodique.

4. Sources d'information utilisées pour les acquisitions de cartes modernes

4.1. Les catalogues d'éditeurs officiels
La plupart des services officiels qui vendent publient des catalogues. Certains catalogues font l'historique que des cartes qu 'ils signalent. Ils sont parfois accompagnés de cartes-spécimens qui donnent des renseignements précieux sur la qualité du document et son utilisatition possible. La parution de ces catalogues difficile a repérer et irrégulière rend leur gestion compliquée.
Les services officiels diffusent plus souvent des tableaux d'assemblage qui sont extrêmement utiles. Cependant, s'ils donnent l'état des feuilles publiées, ils n 'indiquent que rarement la date de publication (sauf exception : Institut Géographique National, Paris) et jamais les feuilles épuisées. Quant aux prix, ils sont rarement mentionnés. Comme en France, la raison peut tenir à une interdiction officielle.

4.2. Les catalogues d'éditeurs privés
Les éditeurs privés commerciaux qui publient des cartes éditent aussi des ouvrages: guides, livres de géographie et atlas. Aucun n 'est spécialisé dans le seul document cartographique. Certains éditeurs, comme Michelin en France, ne diffusent pas de catalogues. Ceux qui sont publiés ont une présentation très diverse et les renseignements qu'ils donnent sont en général très fragmentaires, voire inexacts: le numéro d'édition, la date d'édition, l'échelle ne sont pas toujours signalés.
Pour les atlas, il convient d'être méfiant: un même atlas peut-être publié simultanément dans différents pays et sous différents titres. Ainsi, l'Atlas Universalis édité en 1970 par l'Encyclopédia Universalis a le même contenu cartographique que I'Atlas International édité en 1969 par Rand MacNally. Cette information apparaît de manière très discrète au copyright de l'ouvrage. Quant aux autres documents cartographiques publiés par les éditeurs privés, ce sont surtout des cartes routières, touristiques et des plans de ville, dont la qualité est difficile à juger sur catalogue.
Des éditeurs privés non commerciaux comme la Royal Geographical Society ou I'American Geographical Society, des associations ou sociétés savantes publient épisodiquement des cartes, souvent fort intéressantes que l'on ne peut pas toujours repérer.

4.3. Les périodiques
Plusieurs cartothèques ne citent aucun périodique comme instrument bibliographique. Pour les autres, le nombre de titres examinés varie de 1 à 60!
L 'information que l 'an trouve dans les périodiques est de nature très diverse. Elle se présente soit sous forme de publicité sur la couverture, les page de gardes ou en encarts, soit sous forme de comptes rendus. Cependant, un certain nombre de périodiques cartographiques ne contiennent pas de comptes rendus qui sont publiés plus volontiers dans des périodiques géographiques.
Ces comptes-rendus devraient permettre une bonne sélection des documents cartographiques; en fait, ils signalent surtout des atlas et des cartes thématiques et la description bibliographique qu 'ils en donnent n 'est pas toujours complète. Ils paraissent avec de longs délais et sont parfois présentés dans une chronique lourde a dépouiller. Ils sont bien évidemment inutilisables pour les documents vendus en souscription. Enfin, certains analysent des. cartes publiées en annexe à un ouvrage ou à un périodique comme s'il s'agissait de cartes isolées; ou encore ils présentent des documents qui ne sont pas dans les circuits commerciaux.
Parmi tous les périodiques cités, celui dont le titre revient le plus souvent est Cartinform, publié par Cartographia, à Budapest, en annexe a Cartactual. Il paraît six fois par an et contient de courts comptes rendus de documents cartographiques, les uns nouveaux, d'autres plus anciens. Utile et complet, il ne signale pas toutefois les cartes topographiques.

4.4. Les bibliographies cartographiques nationales courantes
Beaucoup de pays en sont dépourvus. Quand elles existent; la plupart d'entre elles sont incluses dans la bibliographie nationale des ouvrages. On ne peut en général s'abonner à l'ensemble pour une partie spécialisée aussi mince, Certaines bibliographies nationales, comme la Bibliographie de la France ou la Deutsche Bibliographie publient des suppléments pour les cartes, mais n'offrent pas la possibilité d'un abonnement a part.
Leur avantage est de décrire par des notices complètes la production nationale dans sa quasi exhaustivité; elles ne donnent pas toutes, comme le fait le supplément IV de la Bibliographie de la France depuis 1977, les feuilles en série. Enfin, elles paraissent avec retard et sont longues a dépouiller.

4.5. Lés bibliographies cartographiques rétrospectives
Deux bibliographies sont volontiers citées: la Bibliographie cartographique internationale (ou BCI) et l 'ouvrage de Winch.
La BCI dont la publication est arrêtée depuis 1979, joue désormais le rôle d'une bibliographie rétrospective. Elle signale un très grand nombre de documents dont les suites et les cartes thématiques et comprend un répertoire d'éditeurs.
L'International maps and atlases in print, 2ème édition, 1976, compilé par K. L. Winch chez Stanford, fournit de nombreuses références. Mais il est assez inégal pour les cartes en série, dont il donne une description incomplète, toutefois compensée par des tableaux d'assemblage difficiles a lire. L'ouvrage de Muriel Lock, Modern maps and atlases, 1969, est quelquefois mentionné mais il est trop discursif pour permettre une utilisation rapjde.
Quelques cartothèques spécialisées dans un thème signalent des bibliographies particulières. Sont citées: Enfin, des rares catalogues de cartothèques qui sont publiés peuvent jouer le rôle de bibliographie cartographique rétrospective. Sont cités:

4.6. Les catalogues de libraires spécialisés
Les libraires spécialisés dans la vente des cartes sont peu nombreux. La plupart des libraires cités, comme Harrassowitz, fournissent plutôt des atlas, sous forme de volumes, ou en livraisons.
Certaines librairies générales acceptent de fournir des cartes publiées dans leur propre pays, comme Herder en Italie ou Barbazan en Espagne.
Deux grands libraires spécialisés dominent le marché mondial. Il s'agit de Stanford à Londres, dont nous noterons les difficultés qu'il soulève pour fournir les administrations françaises, et surtout Geo Center à Stuttgart.
Geo Center est cité par toutes les cartothèques qui ont répondu a notre enquête. Cette maison publie un catalogue de v'ente, Geo Katalog, qui se présente en deux parties: un volume no. 1 édité tous les ans comprenant l'essentiel des titres cartographiques en stock, avec en complément un volume no 2 de mise a jour, à\ feuilles mobiles. De plus, 4 fois par an, Geokartenhrief annonce les nouveautés les plus importantes. Geo Katalog est reconnu unanimement comme un ouvrage de référence extrêmement utile et complet: il indique aussi les globes, les ouvrages de cartographie, les fac-similés. Cependant, Geo Katalog n'est pas sans défauts: ainsi, il signale des documents que Geo Center n'a pas en stock et qu'il ne peut procurer. Les descriptions sont volontairement sommaires et ne donnent pas, par exemple, les noms des éditeurs, d'où des vérifications parfois difficiles à faire. Enfin, Geo Center fait payer au prix fort l'excellence de ses services.

4.7. Les catalogue courants de cartothèques
Les titres sont trop nombreux pour que l'on puisse les donner tous.
La majorité des catalogues décrit tous les documents cartographiques que les cartothèques reçoivent. Citons par exemple : D'autres catalogues courants, lorsqu'ils sont rédigés dans une bibliothèque nationale, peuvent être utilisé comme bibliographie nationale (cf.: 4d).
En dépit de leur consultation très longue, ces catalogues sont utiles pour faire des vérifications et pour porter un jugement de valeur. Ils pourraient aussi constituer une étape pour l'élaboration d'un catalogue collectif et permettre aux cartothèques d'un même pays de se compléter et d'éviter les acquisitions qui font double emploi.

4.8. Autres souces d'information
Pêle-mêle, les réponses à l'enquête mentionnent les informations données par les utilisateurs, celles glanées dans les articles ou les annonces publiées dans les journaux les plus divers ou rapportées à l'occasion de missions ou de voyages.

5. Sources d'information utilisées pour les acquisitions de cartes anciennes
Les deux tiers des cartothèques qui ont répondu a notre enquête achètent aussi des cartes anciennes.

5.1. Catalogues de libraires
I.es noms des libraires qui reviennent le plus souvent sont: Douwma, Londres; C. Broekema, Amsterdam; Dawson, Londres; R. V. Tooley, Londres; R. B. Arkway, New York. Les catalogues publiés par ces libraires sont assez bien faits: les descriptions bibliographiques sont suffisamment développées et l'état de conservation du document est partais signalé. De plus, ces catalogues sont abondamment illustrés. Il n'empêche que l'expérience montre qu'il convient d'être prudent: des attributions abusives, des modifications de titre ou de date et des restaurations passées sous silence enlèvent une partie de sa valeur au document convoité. Ajoutons que les offres de ce marché aux prix toujours élevés sont imprévisibles. De plus, les collectionneurs privés étant peu nombreux et connus des marchands, la pluspart des documents intéressants ne figurent pas dans les catalogues de vente. Il est donc très difficile pour une cartothèque de suivre une politique d'acquisition satisfaisante.

5.2. Périodiques spécialisés dans les annonces de vente aux enchères
Relevons quelques titres: en France la Gazette de l'Hôtel Drouot; en Grande-Bretagne les catalogues Sotheby's, Christie's; et en Autriche Dorotheum. Même si le nombre des documents acheté dans les ventes aux enchères est faible, les annonces et les résultats publiés dans les périodiques spécialisés permettent de connaître les documents en circulation et de suivre l'évolution des prix.

6. Conclusions générales
Les conclusions générales données dans les réponses a notre questionnaire reflètent des situations particulières dont il est difficile de présenter une synthèse. Nous retiendrons cependant un sentiment d'insatisfaction ressenti devant les difficultés a repérer, puis a utiliser les différentes sources d'acquisition. Une collaboration étroite entre les cartothèques européennes serait certainement souhaitable pour combler les lacunes de l'information et compenser la faiblesse du budget.
Deux ouvrages de bibliothéconomie sont recommandés comme guides de travail: Harold Nichols, Maplibrarianship, 1976, et surtout: Mary Larsgaard, Map librarianship, 1978. Cet ouvrage est fort bien documenté, utile et plein d'humour devant des constatations plutôt décourageantes.


ANNEXE : QUESTIONNAIRE

1 )
Nom de la cartothèque:
Name of your library:

Adresse:
Address :

Téléphone:
Telephone:

2)
Nom du directeur de la cartothèque:
Head of the map library:

3)
Personnel responsible des acquisitions:
Staff in charge of accessions: 4)
Sources d'information utilisées pour les acquisitions de cartes modernes:
Information possibilities used for accessjon of modern maps:
  1. Catalogues ou listes d'éditeurs officiels.
    Catalogues or lists of state publishers.
  2. Catalogues d'éditeurs privés.
    Catalogues of private publishers.
  3. Périodiques.
    Periodicals.
  4. Bibljographies cartographiques nationales.
    National map bibliographies.
  5. Bibliographies cartographiques rétrospectives.
    Retrospective map bibliographies.
  6. Catalogues ou listes courantes d'accroissement d'autres cartothèques.
    Catalogues or current lists of accessions published by other map libraries
  7. Autres sources.
    Other information possibilities.
5)
Sources d'information utilisées pour les acquisitions de cartes anciennes.
Information possibilities concerning accession of old maps.
  1. Catalogues de libraires.
    Booksellers' catalogues.
  2. Périodiques spécialisés dans les annonces de vente aux enchères.
    Periodical advertising for sales by auction.
  3. Autres sources.
    Other information possibilities.
6)
Conclusions générales sur les sources utilisées pour les acquisitions de cartes.
General comments on information possibilities used in map accessions.


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